Le foin : mesurer les apports de ce fourrage aux multiples vertus

 

Nécessaire pour la santé des chevaux, le foin leur permet aussi d’éviter l’ennui et agit comme un anti-stress.

Le foin est la nourriture de base des équidés. Herbivore monogastrique, le cheval a un organisme très bien adapté pour digérer les fourrages et en tirer de l’énergie. La mule fait même mieux que le cheval dans ce domaine. Mais cette nourriture est devenue tellement banale que l’on donne du foin sans toujours savoir ce que l’on fait… Sauf que le cheval est un « sportif », voire un athlète, dont les apports énergétiques doivent être calculés avec précision et équilibre afin d’optimiser ses performances… ou tout simplement assurer son bien-être.

 


 

La valeur nutritive du foin varie sensiblement en fonction du moment de la coupe, lors du premier cycle (montaison, différents stades de l’épiaison…), du climat et du taux d’humidité des sols, de l’origine des foins (montagne, plaine, marais, Crau), de la qualité intrinsèque de ce foin aux différentes étapes du travail de récolte et de stockage, et de son mode de conservation : bottes sèches ou enrubannage. Elle varie aussi en fonction des herbes qui composent la prairie et du pourcentage de graminées et de légumineuses.

De fait, on trouve différentes « herbes » dans les foins :
→ environ 80 % de graminées, comme la fétuque, la fléole, le paturin, le ray-gras ou le dactyle ;
→ et 20 % de légumineuses, comme le mil, le trèfle, le lotier, le lupin (à ne pas confondre avec la digitale et sa fleur en forme de clochette) et la luzerne.

 

Attention aux légumineuses (trèfle, lotier, luzerne, par exemple) qui ont un apport protéinique élevé.

 

Le bon rapport calcium / phosphore à trouver 

 

En règle générale, le cheval a besoin de 1,5 à 2 % de son poids vif en foin par jour. Des variations sont à prendre en considération en fonction de l’âge mais aussi de l’activité de l’animal. Le cheval a besoin d’un minimum de fibres pour faire fonctionner correctement et préserver son système digestif, éviter les coliques et l’ennui. On doit, entre autres, respecter :
– un rapport  phosphocalcique (Ca/P) d’environ 1,5 (en base) ;
– un apport de MS (matières sèches, destinées à rassasier le cheval) de 7 kg/jour ;
– un apport d’UFC (unité fourragère cheval, qui exprime les besoins énergétiques du cheval) de 4,5 pour un cheval de 500 kg au repos.

Particulièrement impliqués dans le développement et la robustesse du squelette, les minéraux sont essentiels pour la bonne santé du cheval. À commencer par le calcium (Ca). Selon les foins et les paramètres exposés plus haut, le taux peut varier de 3 à 10 g par kilo de foin. Par exemple : 3 g pour le foin de dactyle de bonne qualité, 10 g pour celui de Crau et plus de 16 g pour le foin de luzerne.

Quant au Phosphore (P), ce taux reste plus stable. Pour du « bon » foin, quel qu’il soit, le taux est autour de 3. Avec du foin de piètre qualité, la valeur peut tomber à 1,5 alors que le rapport phosphocalcique doit être d’environ 1,5 en base…

Le cheval a besoin de fibres, mais il faut respecter un rapport phosphore/calcium
dans sa ration journalière.

Ainsi, 10 kg de « bon » foin de prairie apportent 60 g de calcium et 30 g de phosphore. Le rapport est donc de 60:30 = 2. C’est bien pour une poulinière, un peu élevé pour les autres chevaux.
D’un autre côté, 10 kg de « bon » foin dactyle apporteront 30 g de calcium et 25 g de phosphore. Le rapport sera alors de 30:25 = 1,2. C’est insuffisant… Que faire ? Il faut « jouer » avec les autres aliments du cheval et compenser le manque de calcium par l’apport d’autres aliments dont les valeurs phosphore/calcium seront à intégrer et à équilibrer.

Mais ce n’est pas tout. Reste à savoir quelle dose journalière de calcium est nécessaire au cheval, car ce que nous venons de voir n’est qu’un rapport à respecter entre 2 minéraux.
Le cheval a quotidiennement besoin de 15 g de phosphore et 20 g de calcium… Et on repart dans les calculs !
À noter qu’il est possible de dépasser ces doses de calcium et de phosphore ; ce n’est pas trop grave tant que le rapport évoqué est respecté.

 

UFC et MADC… il faut aussi calculer !

 

On peut faire les mêmes comparaisons concernant la valeur nutritive des foins au niveau de l’UFC : cette valeur peut aller de 0,58 à 0,74 UFC/kg de matières sèches (MS). Un cheval de 500 kg a besoin d’environ 4,5 UFC au repos… et on calcule de nouveau ! 

Pour finir, arrêtons-nous sur « la matière azotée digestible chez le cheval » (MADC) qui, en apportant des protéines, vise à couvrir les besoins de l’animal en acides aminés indispensables : un cheval de 500 kg a besoin quotidiennement de 270 g de MADC. Les foins, selon leur composition, contiennent entre 31 et 102 g de MADC par kilo de MS. Là encore, un calcul s’impose car trop d’azote est dangereux pour le cheval !

 

Équilibrer une ration, à savoir la quantité de foin, de granulés, d’orge, d’avoine… est un « sport de l’esprit » qui n’est pas évident. Quand on veut corriger pour équilibrer, on peut « jouer » avec différents aliments : le son (riche en phosphore), la luzerne (riche en calcium), les tourteaux (riches en protéines), les légumineuses, et les huiles (attention, ajouter de l’huile ne se fait pas n’importe comment et pas n’importe quand). C’est dire si un aliment apparemment anodin comme le foin peut se révéler plein de surprises. Et tout n’a pas été évoqué ici : le foin comme « chauffage central » (production de chaleur lors de la dégradation), le foin comme éponge à eau et oligo-éléments dans le caecum (utile en compétition)… D’autres aspects dont nous reparlerons peut-être…

 

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