Le débourrage – Respecter le cheval

On le sait : le débourrage est une phase très importante de la vie d’un cheval. Selon le feeling et l’adresse mentale du dresseur, le cheval se transformera soit en un animal qui coopère et participe avec plaisir, soit en un cheval dépersonnalisé qui accepte d’obéir… ou pas. Quelle que soit la méthode utilisée, l’objectif est d’avoir un cheval monté ou attelé en sécurité. Et au-delà, un cheval qui a gardé sa personnalité. Dans la plupart des cas, on arrive au premier résultat escompté. Le deuxième étant plus aléatoire, malheureusement.

 

La méthode par la force et la soumission imposée serait presque abandonnée, dit-on. Mais beaucoup, qui prétendent utiliser une méthode douce, emploient en réalité des méthodes brutales : cela ne signifie pas obligatoirement frapper un cheval ; la brutalité, c’est aussi et surtout ne pas respecter l’intégrité psychologique de l’animal. Pour éviter cette brutalité, souvent inconsciente, il faut d’abord apprendre le langage du cheval ; comprendre comment il « pense ».
On voit souvent ces situations :
– le cheval inquiet, qui n’accepte pas de se soumettre ;
– le cheval qui se rebelle et fuit parfois en bout de longe avec fureur ;
– le dresseur qui crie pour tenter de le ramener au calme ; 
– le dresseur qui frappe ou fait des moulinets avec son fouet dans le même but ;
– le dresseur qui se fait bousculer à pied par un cheval qui lui manque de respect ;
– le dresseur trop sûr de lui qui stresse considérablement le cheval ;
– le montoir problématique, le refus du mors…
Dans tous les cas, il n’ y a qu’un seul responsable : le dresseur.

Les causes de ces désordres du cheval peuvent sembler mineures à l’humain, mais le cheval n’est pas un humain, il est beaucoup plus sensible et réagit à de toutes petites choses  : un ordre mal donné, un mouvement demandé au mauvais moment : essayez de faire un pas de côté à gauche, par exemple, quand vous êtes en appui sur le pied gauche. Maintenant, faites-le quand votre pied gauche est au soutien : n’est-ce pas plus facile ? Ce n’est là qu’un exemple de contradiction que l’on fait vivre à nos chevaux ; certains, devant de telles contradictions répétées, deviennent presque fous.

François Robichon
de La Guérinière

« La connaissance du naturel d’un cheval est un des premiers fondements de l’art de le monter,
et tout homme de cheval en doit faire sa principale étude. »
La Guérinière

 

Il faut relire La Guérinière :
• Le cheval ne désobéit jamais pour « embêter » son dresseur. Le cheval « n’est pas comme ça »… il le devient !
• Le cheval ne se met jamais en rebellion pour rien.

Il faudrait aussi  suivre le conseil de Kerbrech :

« Dès que l’animal s’inquiète, cesser, calmer, flatter, recommencer. »

 

La cession de mâchoire
On parle rarement des effets bénéfiques de la cession de mâchoire à pied : le cheval fait le mouvement de déglutition avec sa langue, et fait rebondir son mors dans sa bouche. Il le fait parfois spontanément, quand il se sent bien, ou à la demande du dresseur qui veut vérifier la disponibilité du cheval avant toute autre action, et qui cherche à lui procurer ce sentiment de bien-être.
Au moment précis de ce mouvement de mâchoire et de langue, le cheval est physiquement et mentalement détendu et disponible. À cet instant précis, il ne peut se rebeller ni échapper à son dresseur car un mouvement de rebellion, quel qu’il soit, impose le « cadenassage » de la bouche (contraction des muscles masticateurs).
Notons aussi que mouvement se fait naturellement au poser d’un postérieur. Autrement dit : une cession de mâchoire naturelle se produit au poser d’un postérieur chez le cheval détendu. Toute une voie de réflexion pour le dressage et le timing de la demande…

Cette cession de mâchoire est tellement efficace qu’elle devrait être sollicitée en préalable à toute demande au cheval, en travail monté ou à pied, comme le prônait Baucher. Demandée à pied, on peut voir des hongres déverger tant leur mental et leur physique sont détendus par cette action.
Un article sera publié sur ce sujet, inspiré des propos de Jean-Claude Racinet, bauchériste 3e manière.

 

À lire aussi : Le débourrage – Connaître le naturel d’un cheval…

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