Le débourrage – Connaître le naturel d’un cheval

Au naturel, le cheval a des codes qui ne sont pas ceux de l’espèce humaine, il faut donc les connaître pour les utiliser dans notre approche, en particulier lors du débourrage, c’est ce que certains appellent le « parler cheval ».

 

Le cheval est un animal grégaire qui a besoin d’un leader.

 

• Le cheval est un animal qui vit en groupe hiérarchisé, il a besoin d’un leader. Dans sa cohabitation avec l’homme, il pourra considérer certains d’entre-eux comme leur leader.
• Le cheval est un herbivore peureux, ce qui détermine le fondement de son caractère et de ses relations avec l’homme.
• Le cheval est d’un naturel doux, attentif à son entourage. Il n’est pas méchant de nature, mais peut le devenir.
• Un cheval peut craindre l’homme quand celui-ci a été invasif et stressant, a fortiori brutal.
• Le cheval ne recherche pas la confrontation, c’est un être de compromis, de soumission.
• Un cheval apprend par mémorisation. La répétition est nécessaire.
• Le cheval n’a pas de sentiment d’amour pour l’homme. Il ne connait pas l’amour inter-espèces.

 

« Condense-toi, a ordonné Allah au vent du Sud. Je désire fabriquer une créature à partir de ton essence. »
Le vent se condensa et Allah fit ce qu’il avait dit. « Je te ferai sans pareil et le préféré de tous les animaux.
Tu seras le seul à voler sans ailes. Toutes les grâces du monde entier seront placées entre tes yeux. »

 

La posture a une très grande signification dans le langage cheval 
Dans un groupe, chaque cheval prend une certaine place par rapport aux autres, et cela a une signification. Le déplacement de certains individus, au sein du groupe, est signifiant, impose une réactivité des autres. Par conséquent, l’attitude du dresseur et ce qui émane de lui est très important :
– son calme transpirera et relaxera un cheval inquiet ;
– ses mouvements lents, calmes mais déterminés montreront le chemin au cheval (si le rôle de leader est établi).

Pour créer le mouvement et montrer sa place de leader, on ne tire pas sur un cheval (pour le mettre en avant), on le pousse (par une pression sur l’encolure), puis le dresseur avance et prend sa place de leader, soit devant, et le cheval suit, créant le mouvement presque sur son initiative. Il faut toujours laisser croire au cheval qu’il est l’initiateur du geste demandé. L’exercice de la « traction » avec la longe viendra plus tard.
Une tête placée haute signifie, entre autres, une inquiétude ou une volonté de s’opposer.

 

Statue chinoise de la période des Hans, montrant un cheval – vraisemblablement un Akhal Téké – le pied sur une hirondelle,
pour signifier la vélocité de cette race arrivée d’Asie centrale et de Chine. Les Chinois ayant remarqué que les cavaliers d’Asie centrale
avaient les coursiers les plus rapides, grand avantage pour gagner les guerres, ils ont pillé des étalons.

 

Pendant les séances de travail, le dresseur doit s’attacher à avoir un cheval détendu, tête plutôt basse, signe de disponibilité. Il doit d’ailleurs travailler cette attitude qui comble le cheval de bien-être. Il est inutile de demander un exercice à un cheval tant qu’il n’est pas prêt et disponible. Si ça se passe mal, le dresseur a la preuve de son erreur et doit se remettre en cause au lieu de réprimander le cheval. La cession de mâchoire peut alors grandement aider (Cf. Débourrage 2).

Chez les herbivores, la récompense est « le doux toucher ». Les grandes claques sur l’encolure sont par nature agressives et d’aucune signification. Mais le cheval finit par comprendre que l’homme s’exprime parfois de cette manière…
Dans une harde, pour signifier que tout va bien, ou pour féliciter un congénère qui a bien fait, l’étalon s’exprime par des sons graves et doux, la jument fait de même envers son poulain. Ainsi, clamer d’une voix haute et forte « C’est bien, bravo ! » etc. lorsque le cheval répond dans le sens que nous attendons de lui est totalement contre-productif et source d’incompréhension chez le cheval. Il faut utiliser ce langage des chevaux, presque un infrason. Le cheval travaille facilement à la voix. Mais pas n’importe comment. Il est sensible à la direction des sons : montants ou descendants, graves ou aigus.

Le cheval doit regarder son dresseur, et celui-ci « jouer » de son attitude et de sons appropriés
pour obtenir ce qu’il veut de l’animal.

 

Un cheval se soumet volontiers. Cette soumission le rassure, lui apporte une tranquillité d’esprit. Il en a besoin pour avoir et connaître SA place dans la harde. Cette soumission s’obtient du dresseur, s’il sait la demander. Le cheval est alors totalement disponible, attend la consigne suivante et fait confiance. Voici quelques actions possibles et bénéfiques :
– un point de pression sur les premières vertèbres cervicales (ce que fait l’étalon) et le cheval baisse l’encolure, volontairement soumis ;
– rester sur 3 pieds ;
– s’enrouler autour d’un postérieur relevé et amené vers lui par le dresseur ;
– cession d’encolure et enroulement de celle-ci vers son dresseur ;
– cession des hanche et des épaules au moindre effleurement de la zone, etc.

 

Le regard et le jeu
Il est impératif que le cheval considère le débourrage comme un nouveau jeu avec son dresseur. On obtient ainsi un cheval attentif, qui participe. On ne lui impose rien. Ce jeu passe obligatoirement par le regard : un cheval attentif surveille son dresseur des oreilles et des yeux. Le dresseur doit tout faire pour capter cette attention, et la provoquer si elle n’est pas spontanée, notamment dans le cas du cheval qui « subirait » son débourrage. Le cheval doit regarder son dresseur, et celui-ci « jouer » de son attitude et de sons appropriés pour obtenir ce qu’il veut de l’animal. Ces deux points extrêmement importants sont les bases d’un débourrage sans heurts et sans révolte, et en toute sécurité lors de la mise en selle, car il utilise les codes de la nature profonde du cheval, et sont donc instantanément compris par celui-ci. Ils sont les garants d’un cheval qui coopère et qui sera proche de son dresseur (en réalité son leader et compagnon de jeu). Cette connivence est à entretenir jusque dans le dressage ultérieur, qui devra aussi être considéré comme un jeu par le cheval. In fine, cela détermine ce que le cheval deviendra.

 

La désensibilisation
Le cheval doit se familiariser avec tous les objets utilisés par l’humain. Il doit rester zen en face de tous les bruits de la vie. Ce sera plus facile en respectant ce qu’est un cheval, connaissant ses codes et modes de compréhension. Il ne faut pas oublier que la chambrière est la prolongation de la main, et donc une amie. La chambrière montre le chemin et caresse.

 

Le montoir
Moment souvent redouté par le dresseur, le montoir est en fait une simple routine quand le cheval est bien préparé, et se fait rênes longues, avec un contact léger, voire sans contact. Il faut laisser le jeune cheval prendre en charge, de lui-même, la main sur la longe puis la main sur la rêne ; le laisser tirer doucement dessus pour qu’il se l’approprie. C’est un geste rassurant pour lui. Il faut juste accompagner. Monter sur ses rênes est toujours un signal créateur d’inquiétude et de stress.

 

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